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Questionnements d'un F.·.

La Franc-maçonnerie est elle une démarche «progressiste» ou «progressive» et qu’en est-il des vocables de «perfection» et de «perfectionnement» au REAA?

 

En réponse à ces deux questions, deux réponses à titre personnel:

Les Maçons qui s’interrogent quant à la pertinence de ces appellations ont tout a fait raison de faire montre de perspicacité car

derrière les mots se cachent, bien sur, des sens.

  1. «Progressiste» ou «progressif» ? La démarche maçonnique est, par définition, initiatique et progressive. C'est à dire une école de pensée philosophique et d'apprentissage, lente et persévérante, tendant a l'amélioration de l'homme et de la société. Certainsse réclamant d'options politiques personnelles - au demeurant tout à fait honnêtes et parfaitement respectables - ont introduit dans leur discours maçonnique, et subrepticement, le vocable "progressiste", profitant de la vague ressemblance des termes de significations cependant fort différentes et sous-entendant que tout Franc-maçon digne de cette appartenance serait nécessairement engagé politiquement dans une démarche portée par les forces de gauche, pour faire très simpliste. Or la Franc-maçonnerie est le 'Centre de l'Union', tel que défini par James Anderson dès 1723. La principale et plus ancienne obédience française, le Grand Orient de France, fondée en 1773, en est le parfait exemple avec grosso modo 1/3 de FF de gauche, autant de centristes et un autre tiers de conservateurs. C'est ce que rappelle volontiers le discours de l’actuel Grand Maitre, Daniel Keller, qui insiste sur les vocations très distinctes qu’ont les partis politiques, ayant à gérer le court terme avec sa contrainte électorale, et les obédiences maçonniques dont la vocation est de se projeter dans le temps long. Encore un mot: les textes de référence -souvent détournés par des Maçons acculturés -énoncent bien, comme le fait l'article premier de la constitution du GODF:" institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive.(mais précisément pas "progressiste" car "ça" sa se passe ailleurs que dans les Temples maçonniques).
  2. Doit-on parler de «rite de Perfection» ou «perfectionnement» ? La aussi, les glissements sémantiques ne sont pas neutres, c'est même un doux euphémisme. Dans les années 90 certains ont décidé, pour des motivations ressortissant à une stratégie, parfaitement réfléchie mais ne manquant pas de perversité, de susciter un débat opposant les deux principaux rites de Hauts Grades pratiqués dans l'ensemble grand-oriental afin de mieux asseoir leur pouvoir. Des lors, a été forgé le vocable de 'perfectionnement'. La juxtaposition des deux questionnements atteste du 'cousinage' ou des deux faces d'une médaille affectionnée par les tenants d'un certain militantisme par définition partisan et engagé. Or, la démarche maçonnique ne peut, selon moi, qu’être avant tout respectueuse des options intimes des individus.

Au Rite Ecossais Ancien et Accepté, référence est faite aux origines du "rite de Perfection" en 25 degrés exporté par Etienne Morin à la Jamaïque. Elles ont été largement exposées et disséquées en 2004 lors du bicentenaire de ce rite en France. Le Rite français, dénaturé dans un passé récent, revendique la place d’un "Ordre de Sagesse" et certains, pas tous, loin s’en faut, y confondent volontiers la progression avec le militantisme progressiste, la référence au rite de Perfection avec un "perfectionnement" de type scolaire.

A l'évidence, la qualité de la réflexion maçonnique n'est pas toujours proportionnelle au mouvement de forte expansion d'un Ordre philosophique qui souffre du syndrome déjà décrit avec férocité, mais si justement, par La Fontaine dans l'une de ses fameuses fables. Mais à chacun de se faire sa propre idée.

Kerkado

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