Aux racines de l'Europe pour la paix et l'unité

Pape Léon XIV - Souverain de l'État de la Cité du Vatican

6 octobre 2026

 

Lors de son voyage apostolique à Metz le 28 septembre, le pape Léon XIV a rendu un vibrant hommage à Robert Schuman, père de l'Europe, dans un discours dont nous reproduisons ici le texte intégral.

Je suis ravi d'être ici, dans cette ville historique, carrefour au cœur du continent, pour cette rencontre intitulée « Aux racines de l'Europe, pour la paix et l'unité ». Je vous remercie pour les aimables paroles qui viennent de m'être adressées.

Le titre de notre rencontre s'inspire sans aucun doute de la figure du vénérable Robert Schuman, que nous souhaitons honorer tout particulièrement aujourd'hui dans ce Centre qui porte son nom, et plus précisément ici en Moselle, où il a vécu de nombreuses années, où il repose et qu'il a longtemps représentée à l'Assemblée nationale. C'est de cette région, avec toutes ses épreuves et ses tribulations des XIXe et XXe siècles, qu'il a puisé l'inspiration nécessaire pour contribuer à façonner l'Europe d'aujourd'hui et de demain à travers sa célèbre Déclaration du 9 mai 1950. Ce texte marque à la fois le point de départ et l'aboutissement de son engagement de toute une vie en faveur de la réconciliation et de l'unité du continent européen.

Aujourd'hui, je vous propose un voyage imaginaire qui nous mènerait des racines de l'Europe jusqu'à nos jours, en passant par l'avenir. Nous pourrions nous interroger : comment Robert Schuman a-t-il été façonné par l'histoire de cette terre dont il était le fils ? Et quel rôle fondamental a-t-il joué dans la construction de l'Europe moderne, au point d'être considéré comme l'un de ses pères fondateurs ?

Il est toujours difficile de définir l'Europe, qu'il s'agisse de son présent ou de son passé. L'Europe a progressivement forgé sa propre identité au cours des périodes historiques de la civilisation hellénistique, de l'Empire romain, puis de la diffusion du christianisme, intégrant au fil du temps de nouvelles cultures, notamment germaniques et slaves, et s'étendant ainsi à des régions toujours plus vastes.

L'Europe doit donc être appréhendée comme une réalité culturelle et historique avant d'être géographique. Au fil des siècles, ses contours et ses définitions ont évolué, connaissant des périodes de croissance, de crises profondes et de nouveaux départs. Une constante se dégage cependant de sa longue et tumultueuse histoire : l'Europe a prospéré et progressé lorsqu'elle a su puiser dans les meilleurs aspects de son passé et les réinventer de manière novatrice grâce à ses rencontres avec d'autres cultures. En effet, la civilisation européenne est aussi le fruit de rencontres séculaires, même si celles-ci n'ont pas toujours été aisées. Il suffit de penser à la présence de la culture arabe dans la péninsule Ibérique, ou à l'expansion du « vieux continent » vers le « nouveau monde », qui a donné lieu – parfois douloureusement – ​​à de nouvelles formes d'intégration sur le continent américain.

Pourtant, pour comprendre cette longue histoire, il est impossible d'ignorer un autre père fondateur de l'Europe : saint Benoît, que saint Paul VI proclama patron en 1964, le décrivant comme un « messager de paix, artisan d'unité, maître de civilisation »[ 1 ]. Le soin des pauvres, des malades et des personnes âgées ; l'éducation des enfants et des universités ; les hôpitaux et la médecine ; l'architecture et l'ingénierie ; le développement des sciences ; le droit et l'organisation des villes et des États eux-mêmes — tant de choses en Europe découlent de la profonde influence de saint Benoît et de ses moines ! Sans cette tradition monastique, la civilisation européenne telle que nous la connaissons n'existerait pas. Ici, à Metz, grâce notamment à l'œuvre de saint Chrodegang, on perçoit l'esprit bénédictin de fraternité, de communion et de partage. C'est de là que le chant grégorien s'est répandu sur les territoires carolingiens, apportant harmonie et beauté à tout le continent.

On ne peut donc parler de l’Europe sans évoquer le christianisme. Robert Schuman l’avait bien compris lorsqu’il écrivait : « Le christianisme enseignait l’égalité naturelle de tous les hommes, enfants d’un même Dieu, rachetés par le même Christ, sans distinction de race, de couleur, de classe ou de profession. Il enseignait la dignité du travail et le devoir de chacun de s’y engager. Il reconnaissait la primauté des valeurs intérieures qui seules ennoblissent la personne humaine. La loi universelle d’amour et de charité faisait de chaque personne notre prochain, et c’est sur ce principe que se sont fondées, depuis lors, les relations sociales dans le monde chrétien. »[ 2 ]

Un autre père fondateur de l'Europe moderne fut Alcide De Gasperi, qui exprima la même idée, soulignant que « l'héritage européen commun »[ 3 ] est « cette vision morale partagée qui exalte la personne humaine et sa responsabilité, avec son esprit de fraternité évangélique, son respect de la loi hérité des anciens, son amour de la beauté raffiné au fil des siècles et son engagement envers la vérité et la justice aiguisé par mille ans d'expérience. »[ 4 ]

Loin d’être un critère exclusivement religieux[ 5 ], la reconnaissance de la dette de l’Europe envers le christianisme nous aide à comprendre plus clairement que l’ouverture au transcendant est toujours une partie constitutive de la personne humaine et une source vivante de civilisation.

À cet égard, l’article 17 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne revêt une importance capitale. Il appelle à un dialogue ouvert, transparent et régulier avec les Églises et respecte le statut dont elles jouissent dans les États membres, sans y porter atteinte. Le principe de laïcité qui régit la vie des États n’implique pas seulement le caractère non confessionnel des institutions civiles ; il suppose également une véritable coopération entre toutes les parties, ainsi que le respect, par les autorités nationales et européennes, de l’autonomie des Églises et la promotion de leur liberté d’organisation, d’expression et de culte.

Cela nécessite un retour aux sources des valeurs qui sous-tendent la société civile, à savoir « les valeurs universelles des droits inviolables et inaliénables de la personne humaine, de la liberté, de la démocratie, de l’égalité et de l’état de droit » ( Traité sur l’Union européenne, Préambule ).

Dans le contexte multiculturel actuel, affirmer le caractère universel de ces valeurs, essentiel à leur pérennité, exige à la fois une redécouverte des racines de l’Europe et une ouverture au dialogue avec autrui. C’est une nécessité sociale et politique si nous voulons redonner à la personne humaine sa place centrale et donner corps à des mots tels que liberté, démocratie, paix et unité. C’est pourquoi l’ invitation du pape François demeure précieuse : apprécier la complexité de la réalité européenne dans toute la richesse de ses traditions et de ses sensibilités, tout en « s’efforçant de créer une harmonie constructive, affranchie de toute prétention au pouvoir »[ 6 ] .

Ce double mouvement – ​​le retour à nos racines et l’engagement dans le dialogue – peut aussi nous aider à rétablir un juste équilibre entre les droits eux-mêmes et entre droits et devoirs. Comme le pape François nous l’a toujours rappelé : « La notion tout aussi essentielle et complémentaire de devoir ne semble plus liée à celle de droits. De ce fait, les droits de l’individu sont défendus sans tenir compte du fait que chaque être humain fait partie d’un contexte social où ses droits et ses devoirs sont indissociables de ceux des autres et du bien commun de la société. »[ 7 ]

L’Europe contemporaine entre aujourd’hui dans une nouvelle étape de sa longue histoire de rencontres, avec l’arrivée sur le continent de tant d’hommes et de femmes fuyant la guerre et les persécutions ou cherchant une vie meilleure loin de la pauvreté et des difficultés.

Comme je l'ai déclaré lors de ma récente visite aux îles Canaries en Espagne , « la dignité humaine exige des voies légales et sûres, des opérations de sauvetage et d'assistance, une véritable coopération contre les trafiquants, une protection efficace des victimes, des processus sérieux d'accueil et d'intégration, et des politiques qui permettent à chaque personne de vivre dans la dignité sur son propre sol » ( Discours aux organisations travaillant avec les migrants ).

Toutefois, cela ne suffirait pas. Accueillir une personne, c'est l'intégrer comme un membre de sa propre famille, lui offrir la possibilité de développer ses dons, ses aptitudes et sa sensibilité, mais aussi de participer à la vie du foyer. Nous devons saisir la portée historique de ce qui se déroule, à savoir une rencontre inédite entre peuples et cultures, qui nous invite à redécouvrir nos racines de manière nouvelle et créative, tout en étant à l'écoute des autres. Le caractère universel des valeurs fondatrices de l'Europe nous assure que ce dialogue est possible et qu'il peut constituer un socle solide pour nos sociétés, nous permettant ainsi d'œuvrer plus efficacement pour la paix et un monde réconcilié.

C’est précisément cette lucidité qui a inspiré des hommes comme Schuman à surmonter l’opposition entre les identités culturelles et à établir les institutions européennes après l’immense tragédie de la Seconde Guerre mondiale, qui a révélé toute la profondeur du mal dont les êtres humains sont capables lorsqu’ils croient que rien ne fait obstacle à l’exercice de leur pouvoir.

Robert Schuman, qui vécut à une époque de frontières mouvantes, contribua à jeter les bases d'une Europe consciente de l'urgence d'abattre les murs qui la divisaient. Sa formation chrétienne lui inculqua la valeur de l'égalité, sans distinction de race ni de classe sociale, et la dignité du travail. La succession des souverainetés nationales lui apprit l'importance du droit international et la valeur du respect de la parole donnée. Ayant grandi dans un milieu où l'orgueil et un esprit de vengeance semblaient prévaloir, Schuman s'engagea pour la paix et la fraternité entre les peuples qui, après de si longs conflits, reconnurent enfin leur interdépendance.

Que peut donc enseigner Robert Schuman à l'Europe et au monde aujourd'hui ? Avant tout, un profond désir de paix. Aujourd'hui, hélas, la guerre est de retour, même en Europe : un nouveau « massacre insensé »[ 8 ], qui fauche chaque jour d'innombrables vies civiles. Et aujourd'hui, comme en 1950, les mots de la Déclaration Schuman restent d'actualité : « Une Europe organisée et revitalisée peut apporter à la civilisation une contribution indispensable au maintien de telles relations pacifiques. »[ 9 ] Nous devons nous engager dans un dialogue patient, faire preuve de courage dans la négociation et être prêts à renoncer à certaines positions pour le bien supérieur de la paix.

Bien entendu, la recherche de la paix en Europe, comme partout dans le monde, ne doit pas être confondue avec un pacifisme naïf. Au contraire, les propos de Schuman sont plus pertinents que jamais : « La paix mondiale ne peut être préservée si des efforts constructifs ne sont pas déployés à la mesure des dangers qui la menacent. »[ 10 ] Cependant, nous devons également nous prémunir contre l’illusion que le réarmement soit la solution. « Ce n’est pas un hasard si les appels répétés à l’augmentation des dépenses militaires, et les choix qui en découlent, sont présentés par de nombreux dirigeants comme une réponse justifiée aux menaces extérieures » ( Message pour la 59e Journée mondiale de la paix , 1er janvier 2026). Promouvoir la paix est une action concrète. Aujourd’hui, nous devons nous demander si nous déployons de véritables « efforts créatifs » pour faire progresser la paix mondiale, ou si nous cherchons simplement à « endiguer la vague de guerre » et à mieux nous préparer à des conflits que nous supposons encore inévitables.

Selon Schuman, l’Europe est un continent où le dialogue est préféré au conflit armé et où les ressources sont partagées de sorte que « toute guerre… devient non seulement impensable mais matériellement impossible ».[ 11 ]

Schuman considérait que l'Europe était fondée sur le respect du droit international qui, contrairement au droit national, ne peut être imposé par la force par un seul État, mais repose sur le principe universellement reconnu des accords conclus (pacta sunt servanda ). Ce principe est garanti par le cadre juridique spécifique de cette région, qui régit également les relations entre l'État et l'Église catholique sur la base du Concordat de 1801 entre le Saint-Siège et la France, toujours en vigueur.

Le droit international et le multilatéralisme insistent sur l'égalité réelle des États dans leurs relations et constituent le meilleur remède à la volonté de domination, qui est à l'origine de tout conflit. Aujourd'hui, les relations entre les individus et les États se dégradent de plus en plus. La parole donnée n'a plus aucune valeur ; on se vante désormais de mensonges et de tromperies. L'Europe peut contribuer à rompre ce cycle grâce au respect d'autrui qu'elle a appris à cultiver et à préserver. Au cours des quatre-vingts dernières années, l'Europe a amplement démontré qu'il est possible d'articuler des opinions, des revendications et des intérêts divergents par le dialogue plutôt que par le conflit.

Schuman nous rappelle qu’il nous faut toujours faire preuve de réalisme et de courage : « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni selon un plan directeur unique. Elle se construira par des réalisations concrètes, créant une interdépendance de fait. »[ 12 ] Nous ne devons jamais perdre confiance en notre capacité à aller de l’avant, même lorsque nos progrès sont modestes et presque imperceptibles. Le désir moderne de « tout avoir, et tout de suite » est incompatible avec l’histoire et la culture européennes, qui nous enseignent au contraire la valeur du temps et de la patience. C’est par de petits pas que nous pouvons donner vie à cette solidarité concrète, pour que personne ne se sente abandonné ni oublié.

En partageant ces réflexions avec vous, je pense avant tout aux jeunes, appelés à construire l’Europe d’aujourd’hui et de demain. Schuman avait déjà exprimé cet espoir : « Puisse cette idée d’une Europe réconciliée, unie et forte devenir le mot d’ordre des jeunes générations, désireuses de servir une humanité enfin libérée de la haine et de la peur, qui, après bien trop de divisions, redécouvre la fraternité chrétienne. »[ 13 ]

Aux jeunes, je dis : ayez le courage d’assumer avec responsabilité la tâche de promouvoir la paix — dans vos cœurs, dans vos relations, au sein de vos familles, dans les écoles et les universités, dans vos villes et vos pays, et dans toute l’Europe.

Ne cédez pas à la mentalité de violence et d'oppression.

Aimez la vie à chaque instant et n'ayez pas peur de l'avenir !

N’ayez pas peur de fonder une famille, de mettre des enfants au monde, de défendre la dignité de chaque personne, de sa conception à sa mort.

N’ayez pas peur de travailler sans relâche pour le bien de vos communautés, y compris par le biais de l’engagement politique.

Soyez des bâtisseurs de communauté !

Et avec vous, l’Europe, solidement ancrée dans son héritage, continuera de s’épanouir et d’inspirer le monde entier.

Que Dieu vous soutienne dans ces engagements, et qu'il bénisse et protège toute l'Europe.


[1] SAINT PAUL VI, Lettre Apostolique Pacis Nuntius (24 octobre 1964) : AAS56 (1964), 965.


[2] R. SCHUMAN, Pour l'Europe, Genève 2010 5, 57-58.


[3] A. DE GASPERI, Notre patrie, l'Europe : Discours à la Conférence parlementaire européenne, 21 avril 1954, dans : Alcide De Gasperi e la politica internazionale, Rome 1990, vol. III, 437-440.


[4] Ibid.


[5] Cf. ibid.


[6] FRANCIS, Discours au Conseil de l’Europe , 25 novembre 2014.


[7] FRANCIS, Discours au Parlement européen , 25 novembre 2014.


[8] BÉNÉDICTE XV, Note aux chefs des peuples belligérants (1er août 1917) : AAS 9 (1917), 423.


[9] Déclaration Schuman, Paris, 9 mai 1950.


[10] Ibid.


[11] Ibid.


[12] Ibid.


[13] R. SCHUMAN, Pour l'Europe, 46.

 

 

To the roots of Europe for peace and unity

Pape Léon XIV - Sovereign of the Vatican City State

6 October 2026

 

During his apostolic journey to Metz on September 28, Pope Leo XIV paid a strong tribute to Robert Schuman, father of Europe, in a speech of which we reproduce here the full text. 

I am pleased to be here in this historic city, a crossroads at the heart of the continent, for this meeting entitled "To the Roots of Europe, for Peace and Unity." I thank you for the kind words just addressed to me.

The title of our meeting was undoubtedly inspired by the figure of Venerable Robert Schuman, whom we would like to honor in a special way today in this Center that bears his name, and especially here in Moselle, where he lived for many years, where he is buried and which he represented for many years in the National Assembly.  It was from this region, with all its trials and tribulations in the nineteenth and twentieth centuries, that he drew the inspiration to help shape the Europe of today and tomorrow through his famous Declaration of 9 May 1950. This text marks both the starting point and the culmination of his lifelong commitment to the reconciliation and unity of the European continent.

Today, I would like us to make an imaginary journey that begins from the roots of Europe, moves through the present and looks towards the future.  We can ask ourselves: how was Robert Schuman shaped by the history of this land, of which he was a son, and how did he play a fundamental role in shaping modern Europe, to the point of being regarded as one of its founding fathers?

It is always difficult to define Europe, whether we are speaking of its present or past. Europe gradually developed a sense of its own identity over the course of the historical periods of Hellenistic civilization, the Roman Empire and then the spread of Christianity, integrating, over time, new cultures, including the Germanic and Slavic cultures, thereby expanding to encompass ever larger regions.

Europe must therefore be understood as a cultural and historical reality before a geographical one. Over the centuries, its contours and definitions have changed, undergoing periods of growth, profound crises and new beginnings. One constant however can be observed throughout its long and turbulent history, namely that Europe has flourished and progressed when it has been able to draw on the best aspects of its past and reinvent them in new and creative ways through encounters with others. Indeed, European civilization is also the fruit of centuries-long encounters, even though these have not always been easy.  We need only think of the presence of Arab culture in the Iberian Peninsula, or of the expansion of the "old continent" into the "new world," which gave rise — at times painfully — to new integrations on the American continent.

Yet in order to understand this long history, we cannot overlook another founding father of Europe: Saint Benedict, whom Saint Paul VI proclaimed its patron in 1964, describing him as a "messenger of peace, craftsman of unity, teacher of civilization."[1] Care for the poor, the sick and the elderly; education of children and universities; hospitals and medicine; architecture and engineering; the development of the sciences; law and the organization of cities and States themselves — so much in Europe stems from the profound influence of Saint Benedict and his monks! Without this monastic tradition, European civilization as we know it would not exist. Here in Metz, thanks in part to the work of Saint Chrodegang, one can sense the Benedictine spirit of fraternity, communion and sharing. It was from here that Gregorian chant spread throughout the Carolingian territories, bringing harmony and beauty to the whole continent.

We cannot speak of Europe, then, without mentioning Christianity. Robert Schuman understood this when he wrote: "Christianity taught the equality of all people by nature, as children of the same God, redeemed by the same Christ, without distinction of race, color, class or profession.  It taught the dignity of work and the duty of all to undertake it.  It recognized the primacy of those inner values which alone ennoble the human person.  The universal law of love and charity made every person our neighbor, and it is on this that social relations in the Christian world have since been founded."[2]

Another founding father of modern Europe was Alcide De Gasperi, who expressed the same idea, emphasizing that the "common European heritage"[3] is "that shared moral outlook which exalts the human person and his or her responsibility, with its spirit of evangelical fraternity, its respect for the law inherited from the ancients, its love of beauty refined over the centuries, and its commitment to truth and justice sharpened by a thousand years of experience."[4]

Far from being an exclusively religious criterion[5], recognizing Europe's debt to Christianity helps us understand more clearly that openness to the transcendent is always a constitutive part of the human person and a living source of civilization.

In this regard, Article 17 of the Treaty on the Functioning of the European Union is of great importance.  It calls for "an open, transparent and regular dialogue with... churches," and it "respects and does not prejudice the status" which Churches enjoy in the Member States. The principle of secularity (laïcité) that governs the life of States does not simply imply the non-confessional nature of civil institutions; it also presupposes genuine cooperation among all parties, as well as respect by national and European authorities for the autonomy of the Churches and the promotion of their freedom of organization, expression and worship.

This requires returning to the sources of the values that underpin civil society, namely "the universal values of the inviolable and inalienable rights of the human person, freedom, democracy, equality and the rule of law" (Treaty on European Union, Preamble).

In today's multicultural context, affirming the universal character of these values, which is essential to their survival, requires both a rediscovery of Europe's roots and an openness to dialogue with others. This is a social and political necessity if we are to rediscover the central place of the human person and give real substance to words such as freedom, democracy, peace and unity. For this reason, Pope Francis' invitation remains valuable, namely to appreciate the complexity of European reality in all the richness of its traditions and sensibilities, while "striving to create a constructive harmony, one free of... pretensions to power."[6]

This twofold movement — returning to our roots and then engaging in dialogue — can also help us to restore a proper balance both among the rights themselves and between rights and duties.  As Pope Francis always reminded us, "The equally essential and complementary concept of duty no longer seems to be linked to such a concept of rights. As a result, the rights of the individual are upheld, without regard for the fact that each human being is part of a social context wherein his or her rights and duties are bound up with those of others and with the common good of society itself."[7]

Contemporary Europe is now entering a new stage in its long history of encounters, with the arrival on the continent of so many men and women fleeing war and persecution or seeking a better life far from poverty and hardship.

As I said during my recent visit to the Canary Islands in Spain, "Human dignity demands legal and safe pathways, rescue and assistance, real cooperation against traffickers, effective protection for victims, serious processes of reception and integration, and policies that allow every person to live with dignity in their own land" (Address to Organizations working with Migrants).

However, this alone would not suffice. To welcome a person means to integrate them as if they were part of one's own family, offering them the opportunity to develop their gifts, abilities and sensibilities, but also to enter into the life of the household. We must grasp the historical significance of what is taking place, namely an unprecedented encounter between peoples and cultures, which calls us to rediscover our roots in new and creative ways, while at the same time listening carefully to others. The universal character of Europe's founding values assures us that this dialogue is possible and that it can provide a solid foundation for our societies, enabling us to work more effectively for peace and a reconciled world.

It was precisely this clear-sightedness that inspired men like Schuman to overcome the opposition between cultural identities and to establish the European institutions after the immense tragedy of the Second World War, which showed the depths of the evil that human beings are capable of when they believe that nothing stands in the way of their exercise of power.

Robert Schuman, who lived through a time of constantly shifting borders, helped to lay the foundations of a Europe that was aware of the urgent need to tear down the walls that were dividing it. His Christian formation taught him the value of equality, without distinction of race or social class, and the dignity of work. The succession of different national sovereignties taught him the importance of international law and the value of keeping one's word. Having grown up in an environment where pride and a spirit of revenge seemed to prevail, Schuman committed himself to peace and fraternity among peoples who, after having been in conflict for so long, finally recognized their need for each other.

What, then, can Robert Schuman teach Europe and the world today? First of all, a deep desire for peace. Today, sadly, war has returned, even to Europe: a new "senseless slaughter,"[8] claiming countless civilian lives every day.  And today, as in 1950, the words of the Schuman Declaration remain timely: "An organized and revitalized Europe can make a contribution to civilization which is indispensable for maintaining such peaceful relations."[9] We need to commit ourselves to patient dialogue, to show courage in negotiation and to be willing to give up some positions for the greater good of peace.

Of course, the search for peace in Europe, as throughout the world, must not be confused with a naïve form of pacifism. On the contrary, Schuman's words are more relevant than ever: "World peace cannot be safeguarded if constructive efforts are not made commensurate with the dangers that threaten it."[10] However, we must also guard against the illusion that rearmament is the answer. "It is no coincidence that repeated calls to increase military spending, and the choices that follow, are presented by many government leaders as a justified response to external threats" (Message for the 59th World Day of Peace, 1 January 2026). Promoting peace is an active task. Today we must ask whether we are truly making "creative efforts" to advance world peace, or whether we are simply seeking to "stem the tide of war" and better prepare ourselves for wars that we assume are still to come.

According to Schuman, Europe is a continent where dialogue is preferred to armed conflict, and where resources are shared so that "any war... becomes not only unthinkable but materially impossible."[11]

Schuman understood Europe to be based on respect for international law, which, unlike national law, cannot be enforced by one State through force, but rests on the universally recognized principle of pacta sunt servanda. This principle is safeguarded by the specific legal framework of this region, which also governs relations between the State and the Catholic Church on the basis of the 1801 Concordat between the Holy See and France, which is still in force.

International law and multilateralism emphasize the genuine equality of States in their relations and constitute the best antidote to the desire for domination, which lies at the root of every conflict.  Today, relations between individuals and States are becoming increasingly uncivilized. The value of keeping one's word is dismissed; instead, people boast of lies and deceit. Europe can help to break this cycle through the respect for others that it has learned to cultivate and preserve. Over the past eighty years, Europe has amply demonstrated that it is possible to articulate divergent opinions, claims and interests through encounter rather than conflict.

Schuman reminds us that we must always be realistic and courageous: "Europe will not be made at once, nor according to a single master plan of construction. It will be built by concrete achievements, which create de facto dependence."[12] We must never lose confidence in our ability to move forward, even when the steps we take are small and almost unnoticed. The modern desire to "have everything, and right away" does not fit with European history and culture, which instead teach us the value of time and patience. It is through small steps that we can bring to life this concrete solidarity, so that no one feels abandoned or forgotten.

As I share these thoughts with you, I am thinking above all of young people, who are called upon to build the Europe of today and tomorrow. Schuman already expressed this hope: "May this idea of a Europe reconciled, united and strong become the watchword of the younger generations, eager to serve a humanity at last freed from hatred and fear, which, after far too many divisions, is learning once again about Christian fraternity."[13]

To young people, I say: have the courage to take up with responsibility the task of promoting peace — in your hearts, in your relationships, within your families, in schools and universities, in your cities and countries, and throughout all of Europe.

Do not give in to the mentality of violence and oppression.

Love life at every moment, and do not be afraid of the future!

Do not be afraid to start a family, to bring children into the world, to defend the dignity of every person, from the moment of conception to death.

Do not be afraid to work tirelessly for the good of your communities, including through political engagement.

Be builders of community!

And with you, Europe, firmly rooted in its heritage, will continue to flourish and to inspire the whole world.

May God sustain you in these commitments, and may he bless and protect all of Europe.


[1] SAINT PAUL VI, Apostolic Letter Pacis Nuntius (24 October 1964): AAS56 (1964), 965.


[2] R. SCHUMAN, Pour l'Europe, Geneva 2010 5, 57-58.


[3] A. DE GASPERI, Our Homeland, Europe: Address to the European Parliamentary Conference, 21 April 1954, in: Alcide De Gasperi e la politica internazionale, Rome 1990, vol. III, 437-440.


[4] Ibid.


[5] Cf. ibid.


[6] FRANCIS, Address to the Council of Europe, 25 November 2014.


[7] FRANCIS, Address to the European Parliament, 25 November 2014.


[8] BENEDICT XV, Note to the Heads of the Belligerent Peoples (1 August 1917): AAS 9 (1917), 423.


[9] Schuman Declaration, Paris, 9 May 1950.


[10] Ibid.


[11] Ibid.


[12] Ibid.


[13] R. SCHUMAN, Pour l'Europe, 46.

Publishing Director : Pascale Joannin

Alle radici dell'Europa per la pace e l'unità

Papa Leone XIV - Capo dello Stato della Città del Vaticano

5 ottobre 2026

 

Durante il suo viaggio apostolico a Metz, il 28 settembre, Papa Leone XIV rese un sentito omaggio a Roberto Schumann, padre d'Europa, in un discorso di cui riproduciamo qui il testo integrale.

Sono molto lieto di essere qui in questa città storica, crocevia nel cuore del continente, per un incontro dal titolo così suggestivo: Alle radici dell'Europa per la pace e l'unità . Grazie per le gentili parole che mi avete appena rivolto.

Il titolo proposto è senza dubbio ispirato alla figura del Venerabile Robert Schuman, al quale desideriamo rendere un particolare omaggio oggi in questo centro che porta il suo nome, e soprattutto qui in Mosella, dove visse per molti anni, dove è sepolto e che rappresentò per molti anni all'Assemblea Nazionale. Fu da questa regione, con le sue tribolazioni del XIX e XX secolo, che trasse l'ispirazione per contribuire a plasmare l'Europa di oggi e di domani, attraverso la sua celebre Dichiarazione del 9 maggio 1950. Questa Dichiarazione è al tempo stesso il punto di partenza e il culmine del suo impegno per la riconciliazione e l'unità del continente europeo, un impegno che ha segnato tutta la sua vita.

Oggi desideriamo intraprendere un viaggio di riflessione che parte dalle radici dell'Europa, conduce al suo presente e guarda al futuro. Ci chiediamo come Robert Schuman sia stato plasmato dalla storia di questa terra, di cui era figlio, e come abbia contribuito in modo determinante a plasmare l'Europa moderna, al punto da essere considerato uno dei suoi "Padri Fondatori".

Definire l'Europa, sia nel presente che nel passato, è sempre difficile. L'Europa ha gradualmente acquisito consapevolezza di sé durante i periodi storici della civiltà ellenistica, dell'Impero romano e poi della diffusione del Cristianesimo, integrando, nel tempo, nuove culture come, tra le altre, quelle germaniche e slave, fino a comprendere regioni sempre più vaste.

L'Europa viene dunque intesa come realtà culturale e storica ancor prima di essere geografica. Nel corso dei secoli, ha assunto nuovi contorni e nuove definizioni, attraversando periodi di crescita, profonde crisi e nuove rinascite. Una costante, riscontrabile nel suo lungo e tumultuoso percorso storico, risiede nel fatto che l'Europa è fiorita e progredita quando ha saputo capitalizzare sugli aspetti positivi del suo passato e reinterpretarli in forme nuove e creative attraverso l'incontro con gli altri. La civiltà europea è, infatti, anche il prodotto di secoli di incontri, anche se non sempre facili. Basti pensare alla presenza della cultura araba nella penisola iberica, o alla proiezione del "Vecchio Mondo" nel "Nuovo Mondo", che ha generato, a volte dolorosamente, nuove sintesi nel continente americano.

Ma per comprendere questa lunga storia, non possiamo trascurare un altro Padre d'Europa: San Benedetto , che san papa Paolo VI proclamò suo patrono nel 1964, descrivendolo come «messaggero di pace, costruttore di unità, maestro di civiltà».[ 1 ] L'aiuto ai poveri, ai malati e agli anziani; l'istruzione dei bambini e le università; gli ospedali e la medicina; l'architettura e l'ingegneria; lo sviluppo della scienza; il diritto e l'organizzazione delle città e degli stati stessi: tante cose in Europa sono state profondamente influenzate da san Benedetto e dai suoi monaci! Senza questo fondamento monastico, la civiltà europea, come la conosciamo, non esisterebbe. Qui a Metz, grazie all'opera di san Crodegang, tra gli altri, fiorì uno spirito benedettino di fraternità, comunione e condivisione. Fu da qui che il canto gregoriano si diffuse in tutti i territori carolingi, portando armonia e bellezza a tutto il continente.

È dunque impossibile parlare d'Europa senza menzionare il cristianesimo. Lo stesso Robert Schuman ne era consapevole quando affermò: «Il cristianesimo ha insegnato l'uguaglianza di natura di tutti gli uomini, figli dello stesso Dio, redenti dallo stesso Cristo, senza distinzione di razza, colore, classe o professione. Ha stabilito la dignità del lavoro e l'obbligo per tutti di sottomettersi ad esso. Ha riconosciuto il primato dei valori interiori che soli nobilitano l'uomo. La legge universale dell'amore e della carità ha reso ogni uomo nostro prossimo, ed è su questo che da allora si sono fondate le relazioni sociali nel mondo cristiano»[ 2 ].

Un altro padre fondatore dell'Europa contemporanea, Alcide De Gasperi, fa eco a questo sottolineando «il patrimonio comune europeo» [ 3 ], cioè «questa morale unitaria che esalta la figura e la responsabilità della persona umana, con il suo impulso di fraternità evangelica, il suo rispetto per la legge ereditato dagli antichi, il suo culto della bellezza affinato nei secoli e la sua volontà di verità e giustizia affinata da un'esperienza millenaria» [ 4 ].

Lungi dall'essere un criterio confessionale esclusivo, [ 5 ] il riferimento al debito della cultura europea nei confronti del cristianesimo ci permette di comprendere meglio come l'apertura al trascendente sia ancora una dimensione costitutiva della persona umana e una fonte viva di civiltà.

A questo proposito, riveste grande importanza l'articolo 17 del Trattato sul funzionamento dell'Unione europea. Esso incoraggia "un dialogo aperto, trasparente e regolare con le Chiese", nel rispetto e senza pregiudizio dello status di cui godono negli Stati membri. La laicità che governa la vita degli Stati implica non solo la natura aconfessionale delle istituzioni civili, ma presuppone anche un'autentica collaborazione tra le parti interessate, nonché il rispetto, da parte delle autorità statali e comunitarie, dell'autonomia delle Chiese e la promozione della loro libertà di organizzazione, espressione e culto.

Ciò implica un ritorno alle origini dei valori che sono alla base della convivenza civile, ovvero «i valori universali dei diritti inviolabili e inalienabili della persona umana, nonché della libertà, della democrazia, dell'uguaglianza e dello Stato di diritto» (Trattato sull'Unione europea, Preambolo).

Nel contesto multiculturale odierno, affermare l'universalità di questi valori, essenziale per la sua sopravvivenza, richiede sia una riscoperta delle sue radici sia un'apertura al dialogo con gli altri.

È una necessità sociale e politica riscoprire il centro della persona umana e dare sostanza reale a parole come libertà, democrazia, pace e unità. A tal fine, si rivela prezioso l'invito di Papa Francesco ad apprezzare la complessità della realtà europea in tutta la ricchezza delle sue tradizioni e sensibilità, raccogliendo «la sfida di un'armonia costruttiva, libera da ogni egemonia» [ 6 ].

Questo duplice movimento di rinnovamento e dialogo ci permetterà anche di trovare un giusto equilibrio tra i diritti stessi, così come tra diritti e doveri, perché – come Papa Francesco ci ha sempre ricordato – “il concetto di diritti, che è anche essenziale e complementare, non sembra più essere associato a quello di dovere, tanto che si finisce per affermare i diritti individuali senza tenere conto che ogni essere umano è legato a un contesto sociale in cui i suoi diritti e doveri sono connessi a quelli degli altri e al bene comune della società stessa”[ 7 ].

L'Europa contemporanea, infatti, si trova ad affrontare una nuova fase nella sua lunga storia di incontri, con l'arrivo sul continente di molti uomini e donne in fuga da teatri di guerra e persecuzione, o in cerca di una vita migliore, lontana dalla povertà e dalla miseria.

Come ho affermato durante la mia recente visita alle Isole Canarie, in Spagna : "La dignità umana richiede percorsi legali e sicuri, soccorso e assistenza, una reale cooperazione contro i trafficanti, un'efficace protezione delle vittime, processi di accoglienza e integrazione seri e politiche che consentano a ogni persona di vivere con dignità nella propria terra" ( Incontro con le strutture di accoglienza dei migranti ).

Ma tutto ciò non basterebbe: accogliere qualcuno significa integrarlo come nella propria famiglia, offrendogli l'opportunità di sviluppare i propri talenti, le proprie capacità e la propria sensibilità, ma anche di abbracciare lo spirito della casa. Dobbiamo cogliere il significato storico di ciò che sta accadendo, ovvero un incontro senza precedenti tra popoli e culture che richiede una riscoperta creativa delle nostre radici e, al tempo stesso, un ascolto attento dell'altro. L'universalità dei valori fondanti dell'Europa ci assicura che questo dialogo è possibile e che può fornire una solida base alle nostre società, permettendoci di lavorare più efficacemente per la pace e per un mondo riconciliato.

Fu proprio questa lucidità a ispirare uomini come Schuman a superare l'opposizione tra le identità culturali e a dare vita alle istituzioni europee, al termine dell'immensa tragedia della Seconda Guerra Mondiale, che aveva messo in luce quanto grande sia il male commesso dall'uomo quando crede di non incontrare ostacoli all'esercizio del suo potere.

Robert Schuman, testimone di confini in continuo mutamento, contribuì a gettare le basi per un'Europa consapevole dell'urgente necessità di abbattere i muri che la dividevano. La sua educazione cristiana gli instillò il valore dell'uguaglianza, senza distinzione di razza o classe sociale, e gli insegnò la dignità del lavoro. La successione di diverse sovranità nazionali gli trasmise l'importanza del diritto internazionale e il valore della parola data. Cresciuto in un contesto in cui sembravano prevalere l'orgoglio e lo spirito di vendetta, Schuman si dedicò alla pace e alla fraternità tra i popoli che, dopo lunghi periodi di conflitto, stavano finalmente riconoscendo il loro reciproco bisogno.

Quali sono dunque gli insegnamenti di Robert Schuman per l'Europa e il mondo di oggi? In primo luogo, un profondo desiderio di pace. Oggi, purtroppo, la guerra è riemersa, anche in Europa: una nuova “insensata strage” [ 8 ], che miete ogni giorno innumerevoli vittime civili. E oggi, come nel 1950 [millennio cinquanta], le parole contenute nella Dichiarazione Schuman restano attuali: “Il contributo che un’Europa organizzata e dinamica può dare alla civiltà è indispensabile per il mantenimento di relazioni pacifiche” [ 9 ]. È necessario impegnarsi in un dialogo paziente, mostrare coraggio nei negoziati ed essere pronti a sacrificare certe posizioni per il bene superiore della pace.

Certamente, la ricerca della pace in Europa, come in tutto il mondo, non deve essere confusa con un idealismo ingenuo . Al contrario, le parole di Schuman sono più attuali che mai: «La pace mondiale non può essere salvaguardata senza sforzi creativi commisurati ai pericoli che la minacciano».[ 10 ] Tuttavia, dobbiamo guardarci dall'illusione del riarmo. «Non è un caso che i ripetuti appelli all'aumento della spesa militare e le scelte che ne derivano siano presentati da molti leader con la giustificazione del pericolo rappresentato da altri» ( Messaggio per la 59a Giornata Mondiale della Pace , 1 gennaio 2026). Promuovere la pace è un impegno attivo. Oggi dobbiamo chiederci se stiamo davvero compiendo «sforzi creativi» per promuovere la pace mondiale, o se stiamo semplicemente cercando di «arginare l'emorragia di guerra» e di prepararci meglio a quelle che presumiamo arriveranno.

L'Europa di Schuman è un continente in cui si preferisce il dialogo al confronto armato; dove le risorse vengono messe in comune per garantire che "ogni guerra [...] diventi non solo impensabile, ma materialmente impossibile"[ 11 ].

La visione di Schuman dell'Europa si fonda sul rispetto del diritto internazionale , che, a differenza delle leggi nazionali, non può essere imposto con la forza da uno Stato, ma si basa sul principio universalmente riconosciuto che pacta sunt servanda ( i patti vanno rispettati). Questo principio è attentamente tutelato dalla legislazione specifica di questa regione, che disciplina anche i rapporti tra lo Stato e la Chiesa cattolica sulla base del Concordato del 1801 tra la Santa Sede e la Francia, tuttora in vigore.

Il diritto internazionale e il multilateralismo sottolineano l'effettiva uguaglianza tra gli Stati nelle loro relazioni reciproche e costituiscono il miglior antidoto alla volontà di dominio, che è alla radice di ogni conflitto. Oggi, le relazioni umane, e in particolare quelle tra gli Stati, sono sempre più barbare. Il valore della parola data viene disprezzato; al contrario, si ostentano menzogne ​​e inganni. L'Europa può porre fine a questa spirale grazie al rispetto per gli altri che ha coltivato e preservato, avendo ampiamente dimostrato negli ultimi ottant'anni che è possibile far valere opinioni, rivendicazioni e interessi divergenti attraverso il dialogo, anziché lo scontro.

Schuman ci ricorda che dobbiamo essere sempre realisti e coraggiosi : «L'Europa», affermava, «non si costruisce tutta in una volta, né secondo un unico piano. Si costruisce attraverso conquiste concrete che creano innanzitutto una solidarietà di fatto».[ 12 ] Non dobbiamo mai perdere la fiducia nella nostra capacità di progredire, anche se i passi compiuti sono talvolta piccoli e quasi impercettibili. La moderna pretesa di «avere tutto, tutto in una volta» non corrisponde alla storia e alla cultura europea, che, al contrario, insegnano il valore del tempo e della pazienza. È attraverso piccoli passi che possiamo dare vita a questa solidarietà efficace, che implica che nessuno si senta abbandonato o dimenticato.

Nel condividere con voi queste riflessioni, penso innanzitutto ai giovani, chiamati a costruire l'Europa di oggi e di domani. Come già osservava Schuman: «Possa quest'idea di un'Europa riconciliata, unita e forte essere d'ora in poi la parola d'ordine per le giovani generazioni, desiderose di servire un'umanità finalmente libera dall'odio e dalla paura, che sta riapprendendo, dopo troppo lunghi periodi di divisione, la fraternità cristiana» [ 13 ].

Ai giovani dico: abbiate il coraggio di vivere responsabilmente la missione di costruire la pace, nel vostro cuore, nelle vostre relazioni, in famiglia, nelle scuole e nelle università, nella vita delle vostre città, dei vostri paesi e di tutta Europa.

Non cedete alla logica della violenza e dell'oppressione.

Goditi la vita in ogni suo istante e non aver paura del futuro!

Non abbiate paura di formare una famiglia, di mettere al mondo dei figli, di difendere la dignità di ogni persona, dal primo istante nel grembo materno fino all'ultimo respiro.

Non abbiate paura di lavorare instancabilmente per il bene delle vostre comunità, anche attraverso l'impegno politico.

Diventare costruttori di comunità!

E con voi, l'Europa, saldamente radicata, continuerà a prosperare e a ispirare il mondo intero.

Che Dio vi sostenga in questi propositi e che benedica e protegga tutta l'Europa!


[1] San Paolo VI, lett. da Pacis nuntius , 24 ottobre 1964: AAS 56 (1964), p. 965.


[2] R. Schuman, Per l'Europa, Ginevra, 2010 5, pp. 57-58.


[3] Cfr. A. De Gasperi, La nostra patria Europa. Discorso alla Conference Parlamentare Europea, 21 aprile 1954, in: Alcide De Gasperi e la politica internazionale, Cinque Lune, Roma 1990, vol. III, pp. 437-440.


[4] Ibid.


[5] Ibid.


[6] Discorso al Consiglio d'Europa , 25 novembre 2014.


[7] François, Discorso al Parlamento europeo , 25 novembre 2014: AAS 106 (2014), p. 997.


[8] Benedetto XV, Lettera ai capi dei popoli belligeranti (1 agosto 1917), 1 agosto 1917: p. 423. AAS IX (1917), p. 417-420.


[9] Dichiarazione Schuman, Parigi, 9 maggio 1950.


[10] Ibid.


[11] Ibid.


[12] Ibid.


[13] R. Schuman, Per l'Europa, op. cit., p. 46.

Vers quel nouveau monde ?

Louis Caudron - Ancien sous-directeur au ministère français de la Coopération – 28 septembe 2026

 

Poutine, Trump et Netanyahou ont mis à mal le système de relations internationales que nous connaissions depuis des décennies. La guerre d’agression de Poutine en Ukraine, les revendications de Trump sur le Groenland ou le Canada, l’utilisation des droits de douane comme moyen de pression, l’enlèvement de Maduro au Vénézuéla, les bombardements de populations civiles à Gaza ou en Iran ne respectent plus le droit international en vigueur depuis 1945. Pour Poutine, Trump ou Netanyahou, l’utilisation de la force est légitime pour atteindre leurs objectifs. C’est un changement majeur qui impacte tous les pays du monde et qui doit nous amener à analyser ses conséquences et à anticiper les évolutions possibles.

La rivalité entre la Chine et les Etats-Unis restera certainement une constante des relations internationales

La Chine veut être la première puissance mondiale en 2049, ce que les États-Unis n’acceptent pas, mais ils ne pourront probablement pas l’empêcher. La croissance économique est principalement fondée sur l’innovation et, dans ce domaine, la Chine avance plus vite. Elle forme chaque année 1,5 million d’ingénieurs et emploie 2,4 millions de chercheurs. Les États- Unis, eux, forment 200 000 ingénieurs par an et emploient 1,7 million de chercheurs. En 2010, la Chine a dépassé les États-Unis en nombre de brevets déposés chaque année. La Chine, qui a inventé entre autres la boussole, la poudre, le papier, a une grande capacité d’innovation. D’ores et déjà, elle impose ses capacités industrielles dans de nombreux domaines, des voitures électriques aux énergies renouvelables.

Lors de son deuxième mandat, Donald Trump a affaibli la compétitivité des États-Unis en diminuant les crédits affectés à la recherche et en excluant certains chercheurs pour des raisons politiques. En lançant la guerre en Iran, il a aussi provoqué le blocage du détroit d’Ormuz, ce qui a renforcé l’intérêt de la production d’énergie hydraulique, éolienne ou solaire au détriment des énergies fossiles. C’est favorable à la Chine, championne du monde des énergies renouvelables. Enfin l’imprévisibilité, les mensonges et les erreurs de Trump ont terni l’image des Etats-Unis et fait apparaître la Chine comme… un pôle de stabilité !

La Chine a aussi un handicap : son déclin démographique, mais qui ne produira ses effets que dans dix ou vingt ans. En outre, on ne peut pas exclure qu’après avoir été capable de baisser rapidement son taux de natalité avec la politique de l’enfant unique, elle trouve le moyen de le redresser.

La puissance économique n’est durable que si elle s’appuie sur une puissance militaire 

Les Etats-Unis l’ont compris depuis longtemps et leurs dépenses militaires représentent la moitié de toutes les dépenses militaires du monde. Donald Trump a porté le budget militaire à près de 1000 milliards $ et il vise 1500 milliards $. La Chine a triplé son budget militaire depuis une dizaine d’années et elle dépasse maintenant 300 milliards $. Elle construit tous les quatre ans l’équivalent de toute la marine française. Elle est devenue inattaquable. 

L’invasion de l’Ukraine par la Russie a fait comprendre à l’Europe que la paix n’est pas acquise pour toujours et qu’il était illusoire de compter sur les Etats-Unis pour sa défense. Elle a commencé à se réarmer, mais, en attendant, elle ne peut pas se passer des Etats-Unis. La résistance de l’Ukraine à l’invasion russe lui donne quelques années pour devenir une puissance militaire que la Russie n’osera plus attaquer. Mais elle reste dépendante des grandes entreprises américaines du numérique (Amazon, Apple, Alphabet, Microsoft, Nvidia) et des réseaux satellitaires américains, ce qui limite sa capacité de résistance aux injonctions américaines. Elle va devoir investir des centaines de milliards pour créer ses propres entreprises du numérique et de l’intelligence artificielle et, peut-être, faire une alliance avec des entreprises chinoises.

Une puissance militaire forte est nécessaire, mais elle peut être mise en échec par plus petit qu’elle 

Les guerres en Ukraine et en Iran ont montré l’importance des drones, des robots et de l’intelligence artificielle. L’Ukraine, trois fois moins peuplée que la Russie, a plus que résisté à l’armée rouge en développant de nouvelles technologies pour fabriquer des drones ou pour les intercepter. Avec ses drones sous-marins, elle a réussi à bloquer la flotte russe en mer Noire à Sébastopol. Des robots terrestres ukrainiens vont chercher les blessés sur la ligne de front. Dans le golfe Persique, les Américains n’ont pas réussi à empêcher les Iraniens d’envoyer des drones sur les Emirats ou sur les bateaux traversant le détroit d’Ormuz. Le nombre de chars, de canons ou d’avions est maintenant moins important que la capacité de fabrication d’engins dotés de l’intelligence artificielle capables d’aller frapper n’importe où le territoire ennemi. La supériorité aérienne ne permet pas de vaincre un ennemi qui s’enterre. 

Première puissance militaire du monde, les Etats-Unis n’ont pas tiré de leçons de leurs échecs 

Depuis 1950, ils ont échoué à imposer leur ordre en Corée, au Vietnam, en Somalie, en Irak ou en Afghanistan. Trump, qui s’était fait élire sur la promesse de ne plus faire de guerres extérieures, a reproduit la même erreur en Iran. Le résultat est assez catastrophique. 

L’Iran a montré qu’avec quelques drones, on pouvait bloquer le passage dans un détroit et déstabiliser l’économie mondiale. Il y a beaucoup de détroits importants dans le monde et il est probable qu’à l’avenir des pays riverains se souviendront de cet exemple. Le commerce maritime va devoir intégrer ce facteur d’incertitude.

Le gouvernement iranien, responsable de la mort de dizaines de milliers de manifestants en janvier 2026, que Netanyahou et Trump voulaient faire tomber en quelques jours avec des frappes aériennes massives, a montré sa résilience. Il a obligé les États-Unis à négocier un accord. Israël va devoir accepter de ne pas pouvoir supprimer la menace existentielle que l’Iran fait peser sur sa survie. Les pays arabes du golfe constatent que les bases militaires américaines ne les protègent pas contre toutes les attaques de drones ou de missiles et font même d’eux des cibles. Ils vont certainement diversifier leurs relations internationales, par exemple en se rapprochant de la Chine et de l’Europe et construire de nouveaux oléoducs pour diminuer leur dépendance au détroit d’Ormuz. En majorité sunnites, ils seront cependant obligés de trouver un accord avec l’Iran chiite, car les deux parties ont besoin d’utiliser ce détroit.

Donald Trump a décrédibilisé la parole des Etats-Unis et détérioré ses relations avec ses alliés 

En revendiquant jusqu’à récemment le Groenland, en critiquant l’OTAN, en insultant ses alliés européens, le président américain a fait comprendre à l’Europe qu’il n’était plus un allié fiable. En arrêtant brutalement l’aide publique au développement, il a perdu beaucoup de soutiens en Afrique. Avec ses droits de douane variables en fonction de son humeur, il s’est mis à dos beaucoup de pays, notamment des pays comme le Brésil, l’Inde et le Canada.

La Russie de Poutine, qui n’a pas accepté la fin de l’URSS, essaie de reprendre le terrain perdu. Si elle n’arrive pas à vaincre l’Ukraine et si les pays européens arrivent à se réarmer dans les quatre ou cinq ans à venir, la Russie devra renoncer à ses visées sur les pays Baltes, la Pologne ou la Moldavie. Elle n’aura d’autre solution que de devenir un vassal de la Chine.

Depuis 1996, Israël a choisi de s’imposer par la force à ses voisins. C’est une impasse. Les 10 millions d’Israéliens, dont 20 % sont arabes, voisinent avec 160 millions d’arabes et 90 millions d’Iraniens. Chaque fois qu’Israël tue un ennemi, il crée une nouvelle génération d’enfants qui voudront venger leurs pères. Il ne peut s’imposer à ses voisins que parce qu’il bénéficie du soutien militaire des États-Unis, mais ce soutien ne durera pas toujours, car les Etats-Unis n’ont plus beaucoup d’intérêts dans cette région. L’alternative à la guerre sans fin serait qu’Israël accepte enfin la solution à deux États et organise le recul de la colonisation en Cisjordanie. Cela lui permettrait de se rapprocher des pays arabes qui ont intérêt à coopérer avec Israël dans le cadre de leur confrontation avec l’Iran.

L’Afrique reste le continent de tous les dangers. Sa population est passée de 284 millions d’habitants en 1960 à 1,55 milliard actuellement et elle atteindra 2,5 milliards d’habitants en 2050. Elle n’arrive pas à se nourrir et concentre la majorité des pauvres du monde. Les guerres dans l’est du Congo ont fait en trente ans plus de six millions de morts, un record mondial. Au Sahel, au Soudan, en Afrique australe, les conflits entre agriculteurs et éleveurs vont faire de plus en plus de morts à cause de la diminution des pâturages et de l’augmentation de la population. L’Afrique est incapable de fournir des emplois aux vingt millions de jeunes mal formés qui arrivent chaque année sur le marché du travail. La moitié de la population africaine, qui n’a pas accès à l’électricité, ne pourra pas bénéficier des avantages de l’intelligence artificielle. L’Afrique détient beaucoup de ressources minérales mais représente moins de 3% du commerce international. La communauté internationale n’a jamais réussi à empêcher les conflits en Afrique et ils vont probablement perdurer en laissant le reste du monde dans une certaine indifférence.

L’Inde a le potentiel pour devenir la deuxième ou la troisième puissance mondiale. Sa population est jeune et en croissance et ses ingénieurs sont renommés. Elle investit beaucoup dans les secteurs d’avenir, semi-conducteurs, intelligence artificielle, énergies renouvelables, industrie spatiale. Elle gère habilement ses relations avec la Chine, les Etats-Unis et la Russie. Son avenir dépendra de sa capacité à surmonter ses divisions sociales et religieuses.

Le réchauffement climatique va impacter différemment la géographie du monde. Une grande partie de l’Afrique et surtout la zone méditerranéenne vont souffrir de plus en plus de la sécheresse. Tous les pays du monde vont être obligés de s’adapter à des épisodes climatiques exceptionnels (inondations, tempêtes, canicules, sécheresse). Les pays nordiques, essentiellement le Canada et la Russie, vont gagner des millions d’hectares de terres cultivables et un accès facilité à leurs ressources minérales. Dans l’Arctique, les passages maritimes le long des côtes russes ou canadiennes vont devenir praticables presque toute l’année. A l’inverse, le canal de Panama risque de manquer d’eau pour alimenter ses énormes écluses.

Les récents développement de l’IA impactent tout le fonctionnement de l’économie mondiale. L’intelligence artificielle va amener la suppression de beaucoup d’emplois et il n’est pas évident à ce jour qu’elle suscitera la création de beaucoup d’emplois dans d’autres domaines. La capacité d’utilisation de l’intelligence artificielle est devenue un facteur essentiel de développement.

L’ONU et le droit international ont perdu leur crédibilité. Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité ont transgressé la charte de l’ONU. En 2003, les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont envahi l’Irak sans mandat de l’ONU. En 2011, le Royaume-Uni et la France n’ont pas respecté le mandat de l’ONU, qui se limitait à la protection des populations de Benghazi, et ont contribué à la chute de Kadhafi et de la Libye. En 2014, la Russie s’est emparée par la force de la Crimée. En 2016, la Chine a refusé l’arbitrage international qui attribuait aux Philippines des îles de la mer de Chine. Le Conseil de sécurité n’arrive pas à sanctionner Israël qui ne respecte pas les décisions de l’ONU depuis 1948. L’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 et le mépris affiché par Donald Trump pour le droit international ont marqué une étape supplémentaire dans la primauté de la force sur le droit et illustré l’impuissance de ce qu’on appelle la communauté internationale. 

Les valeurs démocratiques ont reculé dans le monde et l’universalité des droits de l’Homme est contestée. Beaucoup de pays considèrent que les droits de la collectivité doivent s’imposer par rapport aux droits des individus. La Chine travaille à une nouvelle définition des droits de l’Homme, où chaque pays a le droit de définir son propre modèle. Les États-Unis, qui étaient considérés comme un modèle de démocratie, donnent le mauvais exemple, avec un Président qui conteste la validité de l’élection de Joe Biden, qui a gracié les émeutiers qui ont envahi le Capitole en janvier 2021, qui insulte grossièrement ses prédécesseurs et ses adversaires et qui utilise le droit pour servir ses intérêts personnels.

***

Tous ces bouleversements nous amènent vers un nouveau monde dont il est difficile de prévoir le fonctionnement. 

Si on est pessimiste, on peut considérer que le droit international continuera à être méprisé et que les pays les plus puissants essaieront d’imposer leur volonté par la force. Dans ce cas, les États pourraient perdre une grande partie de leur importance au profit d’empires. Depuis l’empire romain, l’histoire nous a donné de nombreux exemples de cette situation, avec des conquérants comme Gengis Khan ou Napoléon ou plus récemment comme Hitler ou Staline. Il est possible, et même probable, que l’orgueilleux Trump se rêve en empereur du monde.

Si on est optimiste, on constatera que l’emploi de la force militaire par Poutine, Trump et Netanyahou ne leur a pas permis de réussir dans leur entreprise. Cela redonne du poids au modèle démocratique respectueux du droit, représenté par l’Union européenne. En employant la force, Poutine, Trump et Netanyahou ont perturbé le fonctionnement de l’économie mondiale et lésé les intérêts de nombreux pays. Les relations commerciales entre tous les pays du monde nécessitent de la stabilité. Il est probable que la Chine, peut-être les BRICS, vont essayer de revenir à un monde plus stable. Cela pourrait conduire à une réforme de l’ONU, dont on parle depuis longtemps, mais qui pourrait revenir d’actualité. Le système des relations internationales mis en place en 1945 après la Seconde Guerre mondiale, largement dominé par les Etats-Unis, ne pourra pas être rétabli. L’Union européenne ne peut pas se fâcher avec les Etats-Unis, mais elle a certainement intérêt à travailler à la définition d’un nouveau système de relations internationales qui donnerait beaucoup plus de poids aux puissances montantes comme la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Indonésie, etc. Un monde multipolaire, où chacun défend ses intérêts, mais n’essaie pas d’imposer son idéologie, reste possible.

What new world lies ahead?

Louis Caudron - Former deputy director at the French Ministry of Cooperation - September 29, 2026

 

Putin, Trump and Netanyahu have undermined the system of international relations that we have known for decades. Putin’s war of aggression in Ukraine, Trump’s claims over Greenland or Canada, the use of tariffs as a means of exerting pressure, the removal of Maduro in Venezuela, and the bombing of civilian populations in Gaza or Iran no longer comply with international law as it has stood since 1945. For Putin, Trump and Netanyahu, the use of force is legitimate as a means of achieving their objectives. This is a major shift that affects every country in the world, and which must prompt us to analyse its consequences and anticipate possible future developments.

The rivalry between China and the United States will certainly remain a constant feature of international relations

China aims to be the world’s leading power by 2049, something the United States finds unacceptable, but it is unlikely to be able to prevent this happening. Economic growth is primarily driven by innovation, and in this field, China is advancing faster. It trains 1.5 million engineers every year and employs 2.4 million researchers. The United States, by contrast, trains 200,000 engineers a year and employs 1.7 million researchers. In 2010, China overtook the United States in the number of patents filed each year. China, which invented, amongst other things, the compass, gunpowder and paper, has a great capacity for innovation. It is already making its mark with its industrial capabilities in many fields, from electric cars to renewable energy.

During his second term, Donald Trump has weakened US competitiveness by cutting research funding and excluding certain researchers on political grounds. By waging war against Iran, he has also brought about the blockade of the Strait of Hormuz, which has boosted interest in hydro, wind and solar power at the expense of fossil fuels. This is working to China’s advantage, which has become the world leader in renewable energy. Finally, Trump’s unpredictability, lies and mistakes have tarnished the United States’ image and made China appear as… a beacon of stability!

China does have a weakness however: its demographic decline, though the effects of this will only be felt in ten or twenty years’ time. Furthermore, we cannot rule out the possibility that, having been able to rapidly reduce its birth rate through the one-child policy, it may find a way to reverse this trend.

Economic power is sustainable only if it is underpinned by military might

The United States realised this a long time ago, and its military spending accounts for half of all military spending worldwide. Donald Trump has increased the military budget to nearly $1,000 billion and is aiming for $1,500 billion. China tripled its military budget over the past decade or so and this now exceeds $300 billion. Every four years, it builds the equivalent of the entire French navy. It has become impregnable.

Russia’s invasion of Ukraine has made Europe realise that peace is not guaranteed forever and that it was illusory to rely on the United States for its defence. It has begun to rearm, but, in the meantime, it cannot do without the United States. Ukraine’s resistance to the Russian invasion has given it a few years to become a military power that Russia will no longer dare to attack. However, it remains dependent on major American digital companies (Amazon, Apple, Alphabet, Microsoft, Nvidia) and American satellite networks, which limits its ability to resist American directives. It will have to invest hundreds of billions to create its own digital and artificial intelligence companies and, perhaps, form an alliance with Chinese firms.

A strong military force is necessary, but this can be defeated by a smaller one

The wars in Ukraine and Iran have highlighted the importance of drones, robots and artificial intelligence. Ukraine, with a population three times smaller than Russia’s, has more than held its own against the Red Army by developing new technologies to manufacture drones or to intercept them. With its underwater drones, it has succeeded in blocking the Russian fleet in the Black Sea at Sebastopol. Ukrainian land-based robots are retrieving the wounded from the front line. In the Persian Gulf, the Americans have failed to prevent the Iranians from sending drones towards the Emirates or at ships passing through the Strait of Hormuz. The number of tanks, guns or aircraft is now less important than the capacity to manufacture AI-equipped vehicles capable of striking anywhere on enemy territory. Superiority of the skies is not enough to defeat an enemy that has gone underground.

As the world’s leading military power, the United States has failed to learn from its failures

Since 1950, they have failed to impose their order in Korea, Vietnam, Somalia, Iraq or Afghanistan. Trump, who was elected on the promise of no longer waging wars abroad, has repeated the same mistake in Iran. The result is nothing short of catastrophic.

Iran has shown that, with just a few drones, it is possible to block passage through a strait and destabilise the global economy. There are many important straits around the world, and it is likely that, in future, countries bordering them will bear this example in mind. Maritime trade will have to factor in this element of uncertainty.

The Iranian government, responsible for the deaths of tens of thousands of protesters in January 2026 – a government that Netanyahu and Trump sought to topple within days through massive air strikes – has demonstrated its resilience. It has forced the United States to negotiate an agreement. Israel will have to accept that it cannot eliminate the existential threat that Iran poses to its survival. The Arab Gulf states are realising that US military bases cannot protect them against all drone or missile attacks and that these are in fact turning them into targets. They will certainly diversify their international relations, for example by drawing closer to China and Europe, and build new oil pipelines to reduce their dependence on the Strait of Hormuz. Although predominantly Sunni, they will nevertheless be forced to reach an agreement with Shia Iran, as both sides need access to the strait.

Donald Trump has undermined the credibility of the United States and damaged its relations with its allies

By laying claim to Greenland until recently, criticising NATO and insulting his European allies, the US President has made it clear to Europe that he is no longer a reliable ally. By abruptly cutting off official development assistance, he has lost a great deal of support in Africa. With his tariffs fluctuating according to his whim, he has alienated many countries, notably countries such as Brazil, India and Canada.

Putin’s Russia, which has not come to terms with the end of the USSR, is trying to regain the ground it has lost. If it fails to defeat Ukraine and if European countries manage to rearm themselves over the next four or five years, Russia will have to abandon its ambitions regarding the Baltic states, Poland and Moldova. It will have no choice but to become China’s vassal.

Since 1996, Israel has chosen to impose its will on its neighbours by force. This has proven to be an impasse. The 10 million Israelis, 20 per cent of whom are Arabs, live alongside 160 million Arabs and 90 million Iranians. Every time Israel kills an enemy, it creates a new generation of children who will want to avenge their fathers. It can only assert itself against its neighbours because it benefits from US military support, but this support will not last forever, as the US no longer has many interests in this region. The alternative to endless war would be for Israel to finally accept the two-state solution and organise a rollback of settlement activity in the West Bank. This would allow it to build closer ties with Arab countries that have an interest in cooperating with Israel in the context of their confrontation with Iran.

The African continent remains fraught with danger. Its population has swelled from 284 million in 1960 to 1.55 billion today and is set to reach 2.5 billion by 2050. It is unable to feed itself and is home to the majority of the world’s poor. The wars in eastern Congo have claimed more than six million lives over the past thirty years – a world record. In the Sahel, Sudan and southern Africa, conflicts between farmers and herders will claim an ever-increasing number of lives due to the decline in grazing land and population growth. Africa is unable to provide jobs for the 20 million poorly educated young people entering the labour market each year. Half of Africa’s population, which has no access to electricity, will not reap the benefits of artificial intelligence. Africa possesses vast mineral resources but accounts for less than 3 per cent of international trade. The international community has never succeeded in preventing conflicts in Africa, and these are likely to persist whilst the rest of the world remains largely indifferent.

India has the potential to become the second or third most powerful country in the world. It has a young and growing population, and its engineers are renowned. It invests heavily in sectors of the future, such as semiconductors, artificial intelligence, renewable energy and the space industry. It skilfully manages its relations with China, the United States and Russia. Its future will depend on its ability to overcome its social and religious divisions.

Global warming will affect different parts of the world in different ways. Much of Africa, and particularly the Mediterranean region, will suffer increasingly from drought. Every country in the world will be forced to adapt to extreme weather events (floods, storms, heatwaves, drought). The northern countries, primarily Canada and Russia, will gain millions of hectares of arable land and easier access to their mineral resources. In the Arctic, shipping lanes along the Russian and Canadian coasts will become navigable almost all year round. Conversely, the Panama Canal could well run out of a sufficient water supply rendering its enormous locks inoperable.

Recent developments in AI are impacting every aspect of the global economy. Artificial intelligence will lead to the loss of many jobs, and it is not yet clear whether it will result in the creation of many employment opportunities in other sectors. The ability to utilise artificial intelligence has become a key driver of development.

The UN and international law have lost their credibility. The five permanent members of the Security Council have all breached the UN Charter in recent decades. In 2003, the United States and the United Kingdom invaded Iraq without a UN mandate. In 2011, the United Kingdom and France failed to comply with the UN mandate, which was limited to the protection of the people of Benghazi, and contributed to the fall of Gaddafi and Libya. In 2014, Russia seized Crimea by force. In 2016, China rejected the international arbitration ruling that awarded the Philippines islands in the South China Sea. The Security Council has been unable to impose sanctions on Israel, which has failed to comply with UN decisions since 1948. Russia’s invasion of Ukraine in 2022 and Donald Trump’s blatant disregard for international law have marked a further step towards the primacy of force over law and have illustrated the impotence of what is known as the international community. 

Democratic values have been on the decline worldwide, and the universality of human rights is being challenged. Many countries believe that the rights of the community should take precedence over the rights of the individual. China is working on a new definition of human rights, under which each country has the right to define its own model. The United States, which was once regarded as a model of democracy, is setting a bad example, with a President who has disputed the validity of Joe Biden’s election, who has pardoned the rioters who stormed the Capitol in January 2021, who grossly insults his predecessors and opponents, and who uses the law to serve his own personal interests.

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All of these upheavals are leading us towards a new world order the functioning of which is difficult to predict.

If we take a pessimistic view, we might consider that international law will continue to be flouted and that the most powerful countries will try to impose their will by force. In that case, states could lose much of their significance to the benefit of empires. Since the Roman Empire, history has provided us with numerous examples of this situation, with conquerors such as Genghis Khan or Napoleon, or more recently Hitler or Stalin. It is possible, and indeed probable, that the arrogant Trump fancies himself as emperor of the world.

If we take an optimistic view, we can see that the use of military force by Putin, Trump and Netanyahu has not helped them succeed in their endeavours. This restores the standing of the democratic model based on respect for the rule of law, as represented by the European Union. By resorting to force, Putin, Trump and Netanyahu have disrupted the functioning of the global economy and harmed the interests of many countries. Trade relations between all the countries of the world require stability. It is likely that China, and perhaps the BRICS countries, will attempt to return to a more stable world order. This could lead to a reform of the UN, which has long been discussed but may now return to the forefront. The system of international relations established in 1945 after the Second World War, largely dominated by the United States, cannot be restored. The European Union cannot afford to fall out with the United States, but it is certainly in its interests to work towards defining a new system of international relations that would give much greater weight to rising powers such as China, India, Brazil, Indonesia, etc. A multipolar world, in which each country defends its own interests but does not seek to impose its ideology, remains a possibility. 

Verso quale nuovo mondo?

Louis Caudron - Ex vicedirettore del Ministero della Cooperazione francese, 28 settembre 2026

 

Putin, Trump e Netanyahu hanno minato il sistema di relazioni internazionali che conosciamo da decenni. La guerra di aggressione di Putin in Ucraina, le rivendicazioni di Trump sulla Groenlandia e sul Canada, l'uso dei dazi doganali come strumento di pressione, il rapimento di Maduro in Venezuela e i bombardamenti di popolazioni civili a Gaza e in Iran non rispettano più il diritto internazionale così come è in vigore dal 1945. Per Putin, Trump e Netanyahu, l'uso della forza è legittimo per raggiungere i propri obiettivi. Si tratta di un cambiamento epocale che ha un impatto su tutti i paesi del mondo e che dovrebbe indurci ad analizzarne le conseguenze e ad anticiparne i possibili sviluppi.

La rivalità tra Cina e Stati Uniti rimarrà certamente una costante nelle relazioni internazionali.

La Cina punta a diventare la principale potenza mondiale entro il 2049, un obiettivo a cui gli Stati Uniti si oppongono, ma difficilmente riusciranno a impedirlo. La crescita economica è trainata principalmente dall'innovazione e, in questo ambito, la Cina sta progredendo più velocemente. Ogni anno forma 1,5 milioni di ingegneri e impiega 2,4 milioni di ricercatori. Gli Stati Uniti, a titolo di confronto, formano 200.000 ingegneri all'anno e impiegano 1,7 milioni di ricercatori. Nel 2010, la Cina ha superato gli Stati Uniti per numero di brevetti depositati annualmente. La Cina, che ha inventato, tra le altre cose, la bussola, la polvere da sparo e la carta, possiede una notevole capacità di innovazione. Sta già affermando le sue capacità industriali in numerosi settori, dai veicoli elettrici alle energie rinnovabili.

Durante il suo secondo mandato, Donald Trump ha indebolito la competitività degli Stati Uniti tagliando i finanziamenti alla ricerca ed escludendo alcuni ricercatori per ragioni politiche. Con la guerra in Iran, ha anche causato il blocco dello Stretto di Hormuz, che ha aumentato l'attrattiva dell'energia idroelettrica, eolica e solare a scapito dei combustibili fossili. Ciò ha avvantaggiato la Cina, leader mondiale nelle energie rinnovabili. Infine, l'imprevedibilità, le bugie e gli errori di Trump hanno offuscato l'immagine degli Stati Uniti e hanno fatto apparire la Cina come... un faro di stabilità!

Anche la Cina si trova ad affrontare uno svantaggio: il declino demografico, i cui effetti si manifesteranno solo tra dieci o vent'anni. Inoltre, non si può escludere che, dopo essere riuscita a ridurre rapidamente il tasso di natalità con la politica del figlio unico, possa trovare un modo per aumentarlo nuovamente.

Il potere economico è sostenibile solo se supportato dal potere militare. 

Gli Stati Uniti lo hanno capito da tempo, e la loro spesa militare rappresenta la metà di tutta la spesa militare mondiale. Donald Trump ha aumentato il bilancio militare a quasi 1.000 miliardi di dollari e punta a 1.500 miliardi. La Cina ha triplicato il suo bilancio militare nell'ultimo decennio e ora supera i 300 miliardi di dollari. Ogni quattro anni, costruisce l'equivalente dell'intera marina francese. È diventata inattaccabile. 

L'invasione russa dell'Ucraina ha fatto capire all'Europa che la pace non è garantita per sempre e che affidarsi agli Stati Uniti per la propria difesa era un'illusione. L'Europa ha iniziato a riarmarsi, ma nel frattempo non può fare a meno degli Stati Uniti. La resistenza dell'Ucraina all'invasione russa le concede qualche anno per diventare una potenza militare che la Russia non oserà più attaccare. Tuttavia, rimane dipendente dalle principali aziende tecnologiche americane (Amazon, Apple, Alphabet, Microsoft, Nvidia) e dalle reti satellitari statunitensi, il che limita la sua capacità di resistere alle richieste americane. Dovrà investire centinaia di miliardi per creare le proprie aziende tecnologiche e di intelligenza artificiale e forse stringere un'alleanza con aziende cinesi.

Una forte potenza militare è necessaria, ma può essere neutralizzata da qualcosa di più piccolo di essa. 

Le guerre in Ucraina e in Iran hanno dimostrato l'importanza dei droni, dei robot e dell'intelligenza artificiale. L'Ucraina, con una popolazione tre volte inferiore a quella della Russia, ha tenuto testa all'esercito sovietico sviluppando nuove tecnologie per la produzione e l'intercettazione dei droni. Con i suoi droni sottomarini, è riuscita a bloccare la flotta russa nel Mar Nero, a Sebastopoli. I robot terrestri ucraini recuperano i feriti dal fronte. Nel Golfo Persico, gli americani non sono riusciti a impedire agli iraniani di lanciare droni contro gli Emirati Arabi Uniti o le navi che transitavano nello Stretto di Hormuz. Il numero di carri armati, pezzi di artiglieria o aerei è ora meno importante della capacità di produrre armi basate sull'intelligenza artificiale, capaci di colpire qualsiasi punto del territorio nemico. La sola superiorità aerea non può sconfiggere un nemico trincerato. 

Gli Stati Uniti, la principale potenza militare mondiale, non hanno imparato dai propri fallimenti. 

Dal 1950, non sono riusciti a imporre il loro ordine in Corea, Vietnam, Somalia, Iraq e Afghanistan. Trump, eletto con la promessa di porre fine alle guerre all'estero, ha ripetuto lo stesso errore in Iran. Il risultato è a dir poco catastrofico. 

L'Iran ha dimostrato che, con pochi droni, può bloccare il passaggio attraverso uno stretto e destabilizzare l'economia globale. Esistono molti stretti importanti in tutto il mondo, ed è probabile che gli stati costieri terranno a mente questo esempio in futuro. Il commercio marittimo dovrà tenere conto di questo elemento di incertezza.

Il governo iraniano, responsabile della morte di decine di migliaia di manifestanti nel gennaio 2026, che Netanyahu e Trump volevano rovesciare in pochi giorni con massicci raid aerei, ha dimostrato la sua resilienza. Ha costretto gli Stati Uniti a negoziare un accordo. Israele dovrà accettare di non poter eliminare la minaccia esistenziale che l'Iran rappresenta per la sua sopravvivenza. Gli stati arabi del Golfo si stanno rendendo conto che le basi militari americane non li proteggono da tutti gli attacchi di droni o missili e li rendono addirittura bersagli. Certamente diversificheranno le loro relazioni internazionali, ad esempio stringendo legami più stretti con la Cina e l'Europa e costruendo nuovi oleodotti per ridurre la loro dipendenza dallo Stretto di Hormuz. Pur essendo prevalentemente sunniti, saranno comunque costretti a raggiungere un accordo con l'Iran sciita, poiché entrambe le parti hanno bisogno di utilizzare questo stretto.

Donald Trump ha screditato la parola degli Stati Uniti e danneggiato le relazioni con i loro alleati. 

Rivendicando fino a poco tempo fa la sovranità sulla Groenlandia , criticando la NATO e insultando i suoi alleati europei, il presidente americano ha chiarito all'Europa di non essere più un alleato affidabile. Interrompendo bruscamente gli aiuti ufficiali allo sviluppo, ha perso un considerevole sostegno in Africa. Con dazi doganali che fluttuano a suo piacimento, ha alienato molti paesi, tra cui Brasile, India e Canada.

La Russia di Putin, che non ha accettato la fine dell'URSS, sta cercando di recuperare terreno. Se non riuscirà a sconfiggere l'Ucraina e se i paesi europei riusciranno a riarmarsi nei prossimi quattro o cinque anni, la Russia dovrà abbandonare le sue ambizioni negli Stati baltici, in Polonia e in Moldavia. Non le resterà altra scelta che diventare un vassallo della Cina.

Dal 1996, Israele ha scelto di imporsi con la forza sui suoi vicini. Questa è una strada senza uscita. I 10 milioni di israeliani, il 20% dei quali arabi, vivono a fianco di 160 milioni di arabi e 90 milioni di iraniani. Ogni volta che Israele uccide un nemico, crea una nuova generazione di bambini che vorranno vendicare i loro padri. Può imporsi sui suoi vicini solo perché beneficia del supporto militare degli Stati Uniti, ma questo supporto non durerà per sempre, poiché gli Stati Uniti non hanno più molti interessi in questa regione. L'alternativa a una guerra senza fine sarebbe che Israele accettasse finalmente la soluzione dei due Stati e organizzasse il ritiro degli insediamenti in Cisgiordania. Ciò gli permetterebbe di avvicinarsi ai Paesi arabi che hanno interesse a cooperare con Israele nel contesto del loro confronto con l'Iran.

L'Africa rimane un continente irto di pericoli. La sua popolazione è cresciuta da 284 milioni nel 1960 a 1,55 miliardi oggi, e si prevede che raggiungerà i 2,5 miliardi entro il 2050. Fatica a sfamarsi e ospita la maggior parte dei poveri del mondo. Le guerre nel Congo orientale hanno causato oltre sei milioni di morti in trent'anni, un record mondiale. Nel Sahel, in Sudan e nell'Africa meridionale, i conflitti tra agricoltori e pastori porteranno a un numero crescente di morti a causa della diminuzione dei pascoli e della crescita demografica. L'Africa non è in grado di fornire lavoro ai venti milioni di giovani scarsamente qualificati che entrano nel mercato del lavoro ogni anno. Metà della popolazione africana, non avendo accesso all'elettricità, non potrà beneficiare dell'intelligenza artificiale. L'Africa possiede abbondanti risorse minerarie, ma rappresenta meno del 3% del commercio internazionale. La comunità internazionale non è mai riuscita a prevenire i conflitti in Africa, e questi probabilmente continueranno, lasciando il resto del mondo in uno stato di indifferenza.

L'India ha il potenziale per diventare la seconda o la terza economia più grande del mondo. La sua popolazione è giovane e in crescita, e i suoi ingegneri sono rinomati. Investe massicciamente in settori orientati al futuro come i semiconduttori, l'intelligenza artificiale, le energie rinnovabili e l'industria spaziale. Gestisce con abilità le sue relazioni con Cina, Stati Uniti e Russia. Il suo futuro dipenderà dalla sua capacità di superare le divisioni sociali e religiose.

Il cambiamento climatico avrà un impatto sulla geografia mondiale in modi diversi. Ampie zone dell'Africa, e in particolare la regione mediterranea, soffriranno sempre più di siccità. Tutti i paesi saranno costretti ad adattarsi a eventi meteorologici estremi (inondazioni, tempeste, ondate di calore, siccità). I paesi nordici, principalmente Canada e Russia, guadagneranno milioni di ettari di terreno coltivabile e un accesso più agevole alle loro risorse minerarie. Nell'Artico, le rotte marittime lungo le coste russe e canadesi diventeranno navigabili quasi tutto l'anno. Al contrario, il Canale di Panama rischia di rimanere senza acqua per alimentare le sue enormi chiuse.

I recenti sviluppi nel campo dell'intelligenza artificiale stanno influenzando l'intero funzionamento dell'economia globale. L'intelligenza artificiale porterà all'eliminazione di molti posti di lavoro e non è ancora chiaro se ne genererà di nuovi in ​​altri settori. La capacità di utilizzare l'intelligenza artificiale è diventata un fattore cruciale per lo sviluppo.

Le Nazioni Unite e il diritto internazionale hanno perso credibilità. I ​​cinque membri permanenti del Consiglio di Sicurezza hanno violato la Carta delle Nazioni Unite. Nel 2003, Stati Uniti e Regno Unito hanno invaso l'Iraq senza un mandato ONU. Nel 2011, Regno Unito e Francia hanno ignorato il mandato ONU, limitato alla protezione della popolazione di Bengasi, contribuendo alla caduta di Gheddafi e alla caduta della Libia. Nel 2014, la Russia ha annesso la Crimea con la forza. Nel 2016, la Cina ha respinto la sentenza arbitrale internazionale che assegnava alle Filippine le isole nel Mar Cinese Meridionale. Il Consiglio di Sicurezza non è in grado di sanzionare Israele, che non rispetta le risoluzioni ONU dal 1948. L'invasione russa dell'Ucraina nel 2022 e il palese disprezzo di Donald Trump per il diritto internazionale hanno segnato un ulteriore passo avanti nella supremazia della forza sul diritto e hanno illustrato l'impotenza di quella che viene definita la comunità internazionale. 

I valori democratici sono in declino in tutto il mondo e l'universalità dei diritti umani è messa in discussione. Molti paesi ritengono che i diritti collettivi debbano prevalere su quelli individuali. La Cina sta lavorando a una nuova definizione di diritti umani, in cui ogni paese ha il diritto di definire il proprio modello. Gli Stati Uniti, un tempo considerati un modello di democrazia, stanno dando un cattivo esempio, con un presidente che contesta la validità dell'elezione di Joe Biden, che ha graziato i rivoltosi che hanno preso d'assalto il Campidoglio nel gennaio 2021, che insulta pesantemente i suoi predecessori e oppositori e che usa la legge per servire i propri interessi.

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Tutti questi sconvolgimenti ci stanno conducendo verso un mondo nuovo, il cui funzionamento è difficile da prevedere. 

Se siamo pessimisti, possiamo presumere che il diritto internazionale continuerà a essere ignorato e che i paesi più potenti cercheranno di imporre la propria volontà con la forza. In questo caso, gli stati potrebbero perdere gran parte della loro importanza a favore degli imperi. Fin dai tempi dell'Impero Romano, la storia ci ha fornito numerosi esempi di questa situazione, con conquistatori come Gengis Khan o Napoleone, o più recentemente, Hitler o Stalin. È possibile, e persino probabile, che l'arrogante Trump sogni di diventare imperatore del mondo.

Se siamo ottimisti, vedremo che l'uso della forza militare da parte di Putin, Trump e Netanyahu non ha permesso loro di raggiungere i propri obiettivi. Ciò rafforza l'importanza del modello democratico e dello stato di diritto rappresentato dall'Unione Europea. Ricorrendo alla forza, Putin, Trump e Netanyahu hanno sconvolto il funzionamento dell'economia globale e danneggiato gli interessi di molti paesi. Le relazioni commerciali tra tutti i paesi richiedono stabilità. È probabile che la Cina, e forse i BRICS, cercheranno di tornare a un mondo più stabile. Questo potrebbe portare a una riforma delle Nazioni Unite, un tema dibattuto da tempo ma che ora potrebbe essere riproposto. Il sistema di relazioni internazionali istituito nel 1945 dopo la Seconda Guerra Mondiale, ampiamente dominato dagli Stati Uniti, non può essere ripristinato. L'Unione Europea non può permettersi di inimicarsi gli Stati Uniti, ma ha certamente interesse a lavorare per definire un nuovo sistema di relazioni internazionali che dia molto più peso alle potenze emergenti come Cina, India, Brasile, Indonesia, ecc. Un mondo multipolare, in cui ognuno difende i propri interessi ma non cerca di imporre la propria ideologia, rimane possibile.